Réseau ouvert rassemblant les acteurs intéressés par ou impliqués dans l'écologie industrielle
Présentation selon le Pôle français d'écologie industrielle:
Le développement durable est reconnu par nos lois comme un principe d'action fondamental et s'affirme comme un objectif mondial qui doit guider la prise de décision, que celle-ci soit de nature politique ou économique.
Difficile à appréhender et diversement appréciée, parfois même de manière contradictoire, l'idée du développement durable implique en tout cas la reconnaissance de l'interdépendance des systèmes constitutifs de la société humaine - système social, infrastructures, activités économiques …- et de l'environnement qui les englobe.
Cette interdépendance implique qu'il existe des liens et des échanges entre la société et son environnement.
L'écologie industrielle explore cette interdépendance et propose de considérer le système industriel comme une forme particulière d'écosystème. La démarche offre une vision nouvelle de nos modes de production et de consommation et révèle des potentiels importants de diminution des impacts environnementaux par une restructuration de l'ensemble des activités économiques.
Les principes soutenus par l'écologie industrielle, par exemple utiliser les déchets comme des ressources et diminuer l'intensité matérielle des produits, ne sont pas nouveaux dans les pratiques industrielles et de nombreuses applications ponctuelles existent au sein des activités économiques. L'écologie industrielle offre un cadre d'action pour intégrer dans l'ensemble du système économique des voies de mise en œuvre plus systématiques des démarches telles que la réutilisation et la dématérialisation au sein d'une communauté d'acteurs (collectivité territoriale, partenaires socio-économiques, fournisseurs, distributeurs…).
Les enjeux et les débouchés ne sont pas uniquement environnementaux : la coopération des acteurs prônée par l'écologie industrielle est source de compétitivité économique et le dialogue nécessaire à sa mise en œuvre renforce la cohésion des parties prenantes et l'attractivité des territoires.
Animation du réseau : CIRIDD
Confidentialité: Ce qui s'échange et se partage dans ce groupe est non confidentiel et public
Rapport économique : lire et télécharger la note de synthèse - Ellen MacArthur Foundation
Philippe Jury le 30/01/2012
Vendredi au Forum économique mondial de Davos, Ellen a officiellement présenté un nouveau rapport sur l’économie circulaire s’appuyant sur les analyses du cabinet McKinsey. Intitulé « Vers une économie circulaire : Arguments économiques en faveur d’une transition accélérée », le document plaide pour une adoption plus rapide de l’économie circulaire, quantifie les bénéfices économiques de ces nouveaux modèles de gestion et propose des pistes d’action.

Ray Anderson : l'écologie industrielle perd son champion
Philippe Jury le 31/08/2011
Copyright ReutersPendant plus de quinze ans, Ray Anderson, le fondateur d'Interface, leader mondial de la moquette en dalles, s'est employé à réduire l'impact de son entreprise sur l'environnement en visant le « zéro impact » pour 2020. Avec son décès le 8 août dernier à l'âge de 77 ans, le développement durable perd l'un de ses pionniers.
Il n'est de développement durable dans les entreprises que d'hommes. Certes, les processus et les systèmes de management comptent, mais ce qui fait avancer le sujet, au fond, c'est l'énergie de ceux qui mettent à son service leurs convictions et leur folle ambition. C'est ce que vient nous rappeler, tristement, la disparition de Ray Anderson, PDG fondateur d'Interface, leader mondial des dalles de moquettes, vaincu par un cancer à 77 ans.
Pionnier de l'écologie industrielle et du développement durable, Ray restera dans les mémoires comme l'homme qui fit d'un secteur industriel plutôt morne un terrain d'aventure passionnant pour sauver la planète. Car Anderson avait fait du développement durable sa raison d'être, et celle de son entreprise. Je me souviens avoir été frappée, dans une conférence que nous avions organisée en 2001, par l'émotion qui l'étreignait quand il racontait son histoire : lui, l'industriel, le pilleur de ressources (comme il se nommera plus tard), parlait de ce jour de 1994 où, sommé par ses équipes de donner une vision environnementale à son entreprise, et n'en ayant aucune à proposer sauf la conformité réglementaire, il ouvrit par hasard un ouvrage sur l'écologie et passa la nuit entière à pleurer en le lisant.
Il venait de prendre conscience que ce dont il était si fier (son entreprise devenue la première de son marché) pouvait être vu par d'autres comme un crime contre la planète et les générations futures (des produits faits avec du pétrole, incinérés après une vie trop brève et avec force émissions de CO2). Ce fut « une révélation, comme si la pointe d'un épieu m'avait traversé le coeur ». En l'écoutant, le public de chefs d'entreprises était pour moitié sincèrement touché, et pour moitié gêné par cette incursion de l'intime dans un propos « corporate ». Pourtant, seule cette crise personnelle peut expliquer l'ampleur de la révolution que lança ensuite Ray Anderson dans son entreprise - car celui qui commençait ses discours en disant qu'« un jour, peut-être, les gens comme [lui] seraient mis en prison » s'engagea à faire d'Interface « la première entreprise industrielle respectant entièrement les lois du développement durable ». Et sa croisade entrepreneuriale ne répondait pas uniquement à un intérêt bien compris, mais procédait avant tout d'un impératif éthique.
S'entourant des meilleurs experts mondiaux, Anderson entraîna toute l'entreprise dans ce changement de cap, s'attelant à mobiliser ses équipes (il aimait réciter le poème sur les générations futures qu'un de ses employés lui avait écrit) autant qu'à mesurer les progrès qui leur restaient à accomplir dans l'ascension du « Mount Sustainability » - une façon de dire qu'Interface n'avait fait que les premiers pas, alors que d'autres le voyaient déjà comme un leader.
En quinze ans, Interface a réduit très significativement ses émissions de CO2 (? 44 % depuis 1995), sa production de déchets (générant plus de 400 millions de dollars d'économies depuis 1995) et ses consommations d'eau (? 80 % depuis 1995), mais a aussi orchestré un virage exemplaire vers les énergies renouvelables (couvrant aujourd'hui 30 % des besoins du groupe) et les matériaux recyclés ou naturels (qui représentent 36 % des matières premières utilisées). À la pointe de pratiques innovantes comme le biomimétisme, qui s'inspire des modèles naturels dans la conception des produits, Interface fut aussi l'une des premières entreprises industrielles à faire le pari de l'économie de fonctionnalités avec Evergreen Lease, un système par lequel, plutôt que de vendre des dalles de moquettes, Interface les loue et en assure l'entretien, le remplacement, la récupération puis le recyclage.
Ces dernières années, Ray avait voulu formaliser de manière encore plus radicale l'ambition de son groupe, et s'était engagé dans une « Mission Zéro » visant à n'avoir plus aucun impact négatif sur la planète à horizon 2020 : une nouvelle fois, l'homme se posait en défricheur, montrant aux dirigeants d'entreprises que l'heure des engagements absolus a sonné... Car être juste un peu moins mauvais ne suffit pas à être bon.
Malgré son âge et la maladie, Ray Anderson était infatigable pour prêcher la bonne parole auprès de ses pairs (voir son intervention à TED en 2009), utilisant le succès d'Interface comme la preuve qu'une autre économie est possible. General Electric et d'autres reconnaissent volontiers qu'il leur a ouvert la voie. Son exemple n'a pas fini d'inspirer le monde industriel...
Pénurie de terres rares : une aubaine pour l’économie circulaire ?
Philippe Jury le 23/02/2011
Par Frédéric Bordage - 18/02/201
Selon le Wall Street Journal, la pression s’accentue sur le marché des « terres rares ». Les terres rares sont un groupe de métaux de 17 éléments utilisés dans des applications technologiques et industrielles très variées.
Indispensables pour fabriquer les batteries, LED, écrans plats, téléphones et autres ampoules basse consommation, ces métaux sont extraits à 97% en Chine. Or, après avoir restreint ses exportations au premier semestre 2010 pour alimenter son marché intérieur, la Chine vient à nouveau de baisser de 35% ses quotas à l’export et annonce un possible arrêt de l’exportation de certaines d’entre elles à l’horizon 2014-2015.
A l’image des Etats-Unis, les pays grands consommateurs de ces métaux dénoncent un abus de position dominante. D’autant que la Chine compte maintenir le niveau bas : officiellement pour réduire les impacts environnementaux négatifs de ces mines à ciel ouvert, officieusement pour faire grimper les cours et bloquer des concurrents potentiels sur des applications promises à un bel avenir comme la voiture électrique (moteurs électriques à base d’aimants utilisant du néodyme - terbium-dysprosium) et les générateurs des grosses éoliennes offshore ne peuvent s’en passer.
Cette guerre économique souligne, encore une fois, à quel point les stocks de ressources non renouvelables s’épuisent vite. Certes, la Chine ne possède que 30% des réserves de terres rares. Et les Etats-Unis et leurs alliés (Australie notamment) ont des stocks importants. Mais leur exploitation en dehors de Chine ne manquera pas de faire grimper les cours. En effet, la main d’œuvre américaine n’est pas payée au même taux horaire que les salariés chinois et les normes environnementales ne sont pas aussi souples.
Même si ce n’est pas son objectif, la Chine contribue à l’émergence de l’économie circulaire. Pour éviter la pénurie, un pays très dépendant comme le Japon, commence déjà à recycler les terres rares contenues dans les DEEE. Des chercheurs de l’Institut des Sciences Industrielles de l’université de Tokyo ont trouvé un procédé permettant de recycler la néodyme, contenue dans des aimants utilisés dans des moteurs de voitures hybrides et dans des disques durs.
Qu'est-ce que l'écologie industrielle ?
Philippe Jury le 09/06/2010
L’écologie industrielle est une véritable composante opérationnelle du développement durable. Elle vise à rompre avec l’approche linéaire classique des activités économiques qui n’intègre ni la finitude des ressources, ni l’incapacité de la planète à absorber la totalité des déchets produits.
Traduit de l’anglais « industrial ecology », il faut interpréter « industrielle » comme étant un qualificatif représentant l’ensemble des activités économiques d’un territoire (industrie, agriculture, commerce, transport…). Ainsi, l’écologie industrielle prône une approche systémique des activités, inspirée des écosystèmes naturels. Elle intègre à la fois la finitude des ressources et le besoin de diminuer les impacts des activités sur l’environnement. L’écologie industrielle permet également de stimuler le tissu économique du territoire. Il s’agit d’une part, d’optimiser la gestion des flux de matière et d’énergie à travers la mise en œuvre de synergie et de mutualisations de ces flux, et d’autre part, de mettre en place des filières de recyclage, valorisation, réemploi, etc. de produits.

Fonctionnement des écosystèmes naturels

Fonctionnement linéaire des systèmes "industriels" classiques

Fonctionnement circulaire des systèmes éco-industriels

