Afin de s’orienter dans ses développements, [VertigO] a effectué entre 2009 et 2010 une recherche préliminaire sur la question des réseaux sociaux scientifiques numériques (pour des détails voirhttp:/
L’étude webographique réalisée préalablement à cette recherche a permis de constater la présence d’un grand nombre de réseaux et autres serveurs scientifiques et d’un certain nombre de sites dédiés au domaine scientifique “développement”. Les sites scientifiques sont de nature très diverses, allant de portails d’informations à des véritables réseaux collaboratifs, mais restent généralement disciplinaires. Dans le cas des sites dédiés au développement, il s’agit le plus souvent de portails d’information. Il ne semble pas exister à ce jour de véritable réseau convivial actif parlant à la fois de questions scientifiques et de terrain, donc liant les intérêt des chercheurs et des professionnels.
De manière générale l’émergence de réseaux sociaux à vocation professionnelle et non récréative est relativement nouvelle (lors de notre recherche entre entre 2009 et 2010) et en pleine phase de croissance. Le pourcentage de la population en ligne adhérant à des réseaux sociaux est de plus en plus élevée : 67% aux Etats-Unis et en France, 50% en Allemagne et en Suisse et même 80% au Brésil [1]. Leur implantation dans les communautés scientifiques et autre milieux professionnels est cependant encore faible. La pertinence des réseaux n’est pas toujours perçue par les scientifiques, qui ont été formés dans un environnement où la publication et l’échange d’information s’opèrent selon des règles bien définies, incluant les publications dans les revues scientifiques reconnues et l’évaluation par les pairs, qui représente une des pierres angulaires de la méthode scientifique [2].
Cependant, dans des domaines frontières comme l’environnement, la santé ou le développement, où la science et l’action de terrain s’alimentent mutuellement en informations, cette façon de faire ne saurait être considérée comme optimale. Les échanges en temps réel, la rapidité de la transmission d’information, la communication ciblée d’informations parfois incomplètes, la création de communautés de pratique actives et dynamique sont des objectifs difficilement atteignables à travers les modes de publication et de communication scientifique traditionnels. Il n’est donc pas surprenant qu’un certain désenchantement de la communauté scientifique vis-à-vis des modes de communication traditionnels soit observée [3]. De plus, le contrôle du marché de la publication scientifique par un petit nombre de maisons d’éditions et les coûts de plus en plus élevés de l’accès à l’information scientifique mènent les chercheurs à se détourner progressivement de ce type de publications vers les réseaux sur internet [4].
Le web social ou web 2.0 offre une plate-forme idéalement adaptée à des échanges d’échanges libres, rapides, multilatéraux, informels et de nature diversifiée et adaptables. Ce genre d’échanges est particulièrement adapté à une communauté d’acteurs qui recherchent des informations pratiques, des conseils, discussions et la connaissance d’autres acteurs et projets et non seulement la publication de résultats de nature académique.
La décentralisation du web et la multiplicité des sites posent cependant le problème de l’éparpillement des ressources (voir p.ex. Nature Network [5]). Jusqu’à maintenant, aucun site scientifique n’a su faire l’unanimité auprès de la communauté et s’octroyer un statu comparable à celui des grandes revues de publication traditionnelles. Ce problème est aussi reconnu aux Etats-Unis où le NRCC a attribué une subvention de 12 millions de dollars à l’Université de Floride pour établir un réseau national de scientifiques [6] et en Allemagne, où l’imbrication des ressources scientifiques dans des réseaux supportés par la DFG est envisagée [2].
Il apparaît donc claire que l’utilisation judicieuse des ressources du web social peut potentiellement représenter un gain d’efficacité, de temps et de portée pour des projets en sciences et en action de terrain. Cependant, les outils ne sont pas encore assez développés et, de ce fait, sous-utilisés par la communauté. Les questions de culture scientifique et professionnelles, les problèmes autour de la fracture numérique à l’échelle internationale et nationale sont d’autres facteurs à prendre en compte lors de l’élaboration d’outils adaptés aux acteurs visés.
En tenant compte de tous les aspects de fonctionnalité et d’utilité des réseaux, nous avons procédé à un sondage auprès de groupes de répondants ciblés afin d’obtenir un portrait de l’utilisation de réseaux, des opinions sur ces derniers et sur la création d’un nouveau réseau dédié à la fois à des scientifiques et à des acteurs de terrain.
Grandes conclusions
Pour consulter l’étude complète : Étude sur les réseaux sociaux scientifiques numériques
Références
[1] Nielsen Company 2009. Global Faces and Networked Places ; A Nielsen report on Social Networking’s New Global Footprint. March 2009. [en ligne]http:/
[6] Nature Network, 2009. Scientific Researchers and Web 2.0: Social Not Working? [en ligne]http:/
étude, environnement, scientifiques, réseaux sociaux
Dernière mise à jour le le 18/10/2011 par Eric Duchemin


Philippe Jury
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Merci Eric pour le partage de cette étude très intéressante sur les réseaux sociaux scientifiques numériques.
Même si les campus Agora21 s'adressent à un public plus large que la seule communauté scientifique, il me semble en première analyse qu'Agora21 correspond bien au besoin identifié d'un réseau de type multidisciplinaire, ouvert et regroupant de différents acteurs.
Merci de contribuer avec des contenus aussi intéressant.
Cordialement
Philippe
Administrateur du campus Agora21 Transitions
Philippe Jury le 19/10/2011