Le rapport entre l’approche de la régulation et l’environnement présente un étrange paradoxe. Plusieurs des économistes connus pour leur contribution à cette approche sont également connus pour leur engagement dans les mouvements écologistes, partis, clubs ou fondations. Inversement, ces mouvements, lorsqu’ils cherchent à fonder leur action sur une analyse économique, s’appuient le plus souvent sur l’analyse régulationniste du modèle "productiviste" fordiste. Et pourtant, jusqu’à la fin des années 80, la contribution propre des régulationnistes à une "économie de l’environnement" semble quasi-nulle, et, dans la critique du fordisme, la dénonciation de ses atteintes à la nature semble se réduire à quelques incidentes, comme si le "citoyen écologiste" reprenait alors la parole chez les économistes qui s’inspirent de ce type d’analyse [Clerc, Lipietz, Satre-Buisson, 1983, Lipietz, 1985, Beaud, 1989].Pourtant, depuis quelques années, les approches régulationnistes ou conventionnalistes semblent montrer leur fécondité sur au moins deux chapitres : l’économie de l’environnement proprement dite et, en liaison avec les débats autour de la Conférence des Nations Unis pour l’Environnement et le Développement, la géopolitique de l’écologie globale.
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